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Dimanche de Pâques : Jean  1, 1-17

En vérité ! –

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité ! Par sa mort, Il a terrassé la mort ! À ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la Vie ! Il est revenu d’entre les morts et Il est entré, avec toute la nature humaine dont Il est le Sujet absolu, dans la Vie, la vie nouvelle et éternelle en communion éternelle avec le Père par le saint Esprit. Pourquoi proclamer en ce jour et à cette heure sainte du matin de Pâques le prologue glorieux de l’évangile selon le saint apôtre et évangéliste Jean le Théologien ?

Le Verbe fait chair

Nous proclamons que le Vivant revenu d’entre les morts est le même qui, dans le principe et de façon atemporelle, est tourné vers Dieu, et est lui-même Dieu en Personne. Le Crucifié, le Visiteur des enfers et l’affranchi du tombeau est le Verbe par qui tout est advenu. Il terrasse la mort et réduit à rien le pouvoir qu’elle détenait, parce qu’en lui est la Vie, cette vie qui est Lumière des hommes. La Pâque du Fils de l’Homme, du Fils unique engendré et Verbe de Dieu est le prolongement naturel de ce qu’Il est devenu chair et devenu homme. Le but même de l’Incarnation est ici révélé : le Verbe s’est fait chair pour communiquer la Vie et la Lumière, et Il a fait cela en passant par toute l’obscurité et l’opacité de la condition humaine vouée à la souffrance et à la mort. Il est dans le monde qui est advenu par lui, par la puissance créatrice qu’Il exerce avec le Père et l’Esprit, et Il est présent dans le monde comme lumière divino humaine, comme amour divino humain, comme Dieu humanisé et comme Homme divinisé.

Il suffit d’une fois

Ne disons pas qu’on continue de mourir et de souffrir ou que les ténèbres règnent toujours sur la Création ; n’osons pas nier ou relativiser la victoire sublime du Dieu Homme ; ne soyons pas de ses familiers qui ne l’ont pas accueilli. Voyons-le bien : si une personne, un seul être est, par sa double volonté divine et humaine, par le souffle de l’Esprit du Père, par la puissance vivificatrice qui anime sa Personne divine et sanctifie sa nature humaine, passé de la mort à la vie éternelle, c’est que l’empire universel de la mort est aboli. Il suffit d’un cierge dans la nuit pour que celle-ci ne soit plus totale. Comme l’annonce l’apôtre Paul, la mort n’a plus d’emprise : la mort est morte ! Pâque est le deuil joyeux et lumineux de la mort ! Il suffit d’une personne ressuscitée pour que la mort soit dépossédée de son pouvoir usurpé.

La mort vivifiante

Bien plus, la mort est désormais investie de la vie : à la mort de mort maintenant dépouillée de sa vie morbide succède une mort de vie maintenant habitée par le Vivant, devenue sacrement de la Vie. La mort vivifiante de Jésus le Messie et le Fils de Dieu donne à tous ceux qui croient et qui croiront le pouvoir de naître d’en-haut, de devenir fils du Père avec et dans le Fils unique engendré. Le fruit sublime et indicible de la Pâque du Fils est le don de l’Esprit. Le Ressuscité insuffle le Souffle du Père dans le cœur des hommes qui se veulent ses disciples et ses apôtres.

La Descente de l’Esprit

C’est la vie de l’Esprit et dans l’Esprit que le Ressuscité communique : Recevez le saint Esprit, dit le Verbe par qui tout est advenu ! Ainsi, voyons que le but de l’Incarnation et de la Pâque du Verbe est la glorieuse Descente du saint Esprit et sa communication à tous ceux qui le veulent !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 8 avril 2018)