Imprimer cet article Imprimer cet article

Dimanche de Pâques 2016 : Jean 1, 1-17

Les faits –Les myrrophores

« Le Christ est ressuscité des morts ! Par la mort Il a vaincu la mort ! À ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie ! » Nous sommes chrétiens, avant tout parce que nous attestons des faits. Nous ne dérangerions personne, si nous annoncions une doctrine nouvelle. Sur l’aréopage d’Athènes, les gens ont souri, croyant que saint Paul annonçait une nouvelle philosophie : la résurrection – cause toujours, nous t’écouterons une autre fois… Une doctrine peut toujours être réfutée au bénéfice d’une autre. Ce n’est pas le cas lorsqu’on témoigne de faits. Les faits sont irréfutables. La vie est irréfutable. La lumière et l’amour sont irréfutables. « Le Christ est ressuscité ! » est une affirmation péremptoire, et, à notre époque relativiste, choquante et provoquante.

L’affirmation chrétienne

Les chrétiens ont la force prophétique de cette affirmation révolutionnaire. Ils se situent dans l’ordre des faits et dans celui de l’expérience. Il y a un vécu communautaire de la Résurrection, et la communauté des baptisés est appelée à réitérer l’expérience de l’Église de tous les siècles, communauté à laquelle la résurrection du Christ est annoncée, et qui l’annonce à son tour à la Création tout entière. Toutefois, si les faits et la vie sont irréfutables, les baptisés ne sont pas capables seulement d’affirmations, qui peuvent toujours paraître dérisoires au regard d’autres faits qui les contredisent : vous dites « résurrection » ? Mais, nous voyons que les morts sont bien morts ! Vous dites : « a vaincu la mort » ? Mais, nous voyons le triomphe de la mort, sur nos écrans, dans les charniers, dans les hôpitaux, dans tous les mouroirs du monde. Qu’est-ce que vous nous chantez avec votre « résurrection » ?

La mort spirituelle

À nous, chrétiens de tous bords, de démontrer par des faits la vérité du grand Fait ! Si le trépas, mort biologique – « cessation de la vie », comme on dit – est une réalité qui, concrètement, perdure, la disjonction de la Source de la vie : la mort de la connaissance prophétique du sens et de la divine présence dans sa propre existence ; la cessation de communion avec la vie suprême de l’Éternel Vivant – cette mort de l’âme est bel et bien vaincue et mise à mort par la mort volontaire du Vivant. La fascination archaïque exercée par elle depuis la perte du Paradis jusqu’à la venue du Fils de l’homme en ce monde, ce pouvoir hypnotique d’une mort érigée en divinité, est anéanti : ô Mort, où est ton aiguillon ? dit saint Jean Chrysostome.

La vie nouvelle

On cherche ou l’on promet une prolongation indéfinie de la vie biologique, l’éternité comme prodigieuse rallonge au temps. On rêve d’un retour à cette vie connue, belle ranimation de qui a exploré une autre dimension, comme Lazare. Le Christ, Lui, atteste l’entrée dans une vie dont nous n’avons pas idée, qui n’est qu’avenir et nouveauté. Il ne s’est pas ranimé lui-même : Il est entré dans la vie totale dont Il est le Chef, porteur à jamais de la nature humaine. L’entrée dans la vie nouvelle est l’entrée dans la lumière et la gloire de celui qui est Lumière véritable. Les saints démontrent ce fait irréfutable par la lumière qu’irradie leur visage, et la douceur de leur voix qui chante le Christ ressuscité…

(Radio Notre-Dame, 1er mai 2016)