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Deuxième dimanche de Carême : Marc 2, 1-12

La royauté de Jésus –

L’Esprit saint nous montre en ce jour la véritable royauté du Seigneur Jésus, et la nature de son Royaume. La royauté de Jésus n’est pas le pouvoir politique que tant de ses disciples, à diverses époques, auraient voulu lui voir assumer. Le Christ n’est pas un chef d’État, et aucun puissant de ce monde n’a le droit de l’utiliser à ses propres fins. La royauté divine est une puissance douce, une liberté, comme dit le mot grec, une souveraineté. Le Fils de l’homme est roi parce qu’Il exerce la liberté et la grâce de délier les hommes de ce qui les asservit, de remettre les péchés, d’absoudre toute faute et toute transgression. Ce pouvoir souverain est celui du Royaume. « Dans ton royaume, souviens-Toi de moi ! », prie le bon Larron. Notre accès au Royaume se fait par l’absolution. Le Royaume est celui de la divine liberté.

Etre déliés pour délier

Et nous accédons nous-mêmes à la dignité royale quand nous exerçons, chacun à son niveau, le royal pouvoir de remettre à nos débiteurs. « Déliez-le ! », dit plus d’une fois le Sauveur. Tel est le commandement suprême qui ouvre la porte du Royaume. Il nous est presque impossible d’exercer le pouvoir de délier tant que nous ne sommes pas nous-mêmes absous. Il faut être libéré pour libérer à son tour. C’est pourquoi le grand message du temps de Carême invite les baptisés à acquérir cette liberté par l’absolution de leurs propres péchés afin de devenir dans le monde, sous la tête du Sauveur, des libérateurs, des délieurs – dans le domaine religieux, dans le domaine social et politique, dans le domaine écologique, dans le domaine de la Science et de la recherche.

Le discernement

L’Esprit saint nous invite à identifier les liens : qu’est-ce qui nous attache ? à quoi suis-je attaché ? qu’est-ce qui attache la société, mon pays, le monde contemporain ? qu’est-ce qui compromet les chrétiens ? « Vous trouverez un ânon attaché, dira le Messie à l’approche de Jérusalem : déliez-le et conduisez-le-moi ! » Tel est le message adressé aux apôtres et aux disciples : repérer l’ânon attaché ; voir à quoi et avec quoi il est lié ; le défaire de ses liens ; le conduire à Jésus ; laisser le Roi Jésus le chevaucher pour entrer dans la cité sainte de son royaume et de sa paix. Dans le deuxième évangile proposé en ce jour pour la mémoire de saint Grégoire Palamas, le Christ dit : « Je suis la Porte ; si quelqu’un entre par moi, il  sera sauvé ; tous écouteront ma voix, et il n’y aura qu’un troupeau et qu’un seul pasteur ». Le déliement n’est pas seulement humain.

Membres de Jésus Christ

C’est la diffusion de la puissance divine, de la grâce et de l’énergie incréée portées par la parole : « lève-toi et marche ! » Aucun ne peut opérer ce miracle s’il n’est investi par l’Esprit du pouvoir qui appartient au Christ Roi. Le temps du carême est le temps de l’acquisition de la puissance charismatique du Sauveur ; le temps du déploiement de la royauté de l’Esprit dans tous les règnes de la Création et de la Société. « Qu’advienne ton Royaume ! » Cela dépend des baptisés : ce sont eux qui font régner le Roi en se montrant ses sujets co régnants… L’enjeu de la prière, de l’ascèse, de l’aumône, du repentir n’est autre que la jouissance des dons royaux du saint Esprit par lesquels nous sommes devenons nous aussi fils de Dieu et co héritiers du Fils unique engendré !

(Radio Notre-Dame 12 mars 2017)