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Saint Macaire le Grand, dit l’Égyptien (19 janvier)

Le chamelier

Né (300) dans le delta du Nil, il fut d’abord chamelier. Sur l’appel de Dieu, il se retira seul dans une cellule de son village, Jijbêr, pour y vaquer à la vie ascétique et à la prière. Il était si détaché des biens de ce monde que, lorsqu’un voleur tenta de lui dérober le peu d’objets qu’il avait dans sa cellule, il l’aida à les charger sur son chameau. Jour et nuit, assis dans sa cellule, occupé à tresser des feuilles de palmier, il s’affligeait (cf. Matt. 5, 5) au souvenir de ses péchés, l’esprit transporté au ciel.

L’expérience

Il disait, non de longues prières, mais tout le temps : « Seigneur, comme Tu le veux et Tu le sais, miséricorde ! » Quelqu’un lui demanda un jour comment progresser dans la voie du Salut. Le saint l’envoya au cimetière injurier les morts puis leur adresser des éloges, et il lui dit à son retour : « Vois-tu, les cadavres n’ont rien répondu. De même, toi aussi, si tu veux être sauvé, deviens comme mort, comptant pour rien le mépris des hommes ou leurs louanges ». Il fut bientôt connu dans toute l’Égypte, et les visiteurs affluèrent au désert de Scété : il les accueillait avec joie et simplicité, sans juger personne, prodiguant à chacun parole d’édification ou prière. On l’appelait un « dieu terrestre », car, comme Dieu protège le monde par sa providence, Abba Macaire cachait les fautes qu’il voyait comme ne les voyant pas et couvrait tous les hommes de son amour. Il rencontra saint Antoine le Grand (17 janvier) qui fit de lui un de ses disciples et héritiers spirituels, comme ses deux homonymes : Macaire d’Alexandrie et Macaire de Pispir.

Les écrits

On attribue à saint Macaire le Grand des homélies spirituelles (« Spiritualité orientale » n°40, Bellefontaine, 1984) : il y évoque dans un style d’une grande beauté les effets de la grâce incréée de Dieu en nous. Adhérons au Seigneur par la foi et consacrons-nous à lui en renonçant à nous-mêmes, dit-il ; forçons notre nature rebelle dans la pratique de tous les saints commandements évangéliques, et soyons assidus à la prière. Voyant notre bonne volonté, le Christ nous donnera la force d’accomplir sa volonté, ou plutôt Il l’accomplira lui-même en nous par l’énergie du saint Esprit. Progressant ainsi de vertu en vertu et de gloire en gloire vers la plénitude, notre esprit sera intimement mêlé au feu de l’Esprit saint, il deviendra « tout œil, tout lumière », et acquerra les propriétés de Dieu, signe de la déification. Pour saint Macaire le seul but de la vie chrétienne est de faire l’expérience du saint Esprit, par une « belle transfiguration » qui nous donnera une « sensibilité spirituelle », et nous pourrons « goûter » la présence de Dieu à chaque instant de notre vie.

 

(d’après Le Synaxaire, Vies des saints de l’Église orthodoxe, II, Thessalonique, 1988)