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Quelle est l’importance des gestes dans les offices liturgiques ?

Le corps personnel

Le corps de chaque chrétien est consacré et sanctifié (baptême, onction, eucharistie). Selon la foi chrétienne, le corps est associé à la prière ; par l’Incarnation du Verbe et l’habitation en nous du saint Esprit, le Salut est promis à toute la personne (âme et corps). L’absence de gestes signale une anthropologie inexacte. Corps langage, le corps, signe et symbole, équivaut la parole, il exprime l’unité avec la parole : le corps parle. L’hébreu « Dabar » signifie parole et geste.

Nous formons un seul corps

Le corps personnel s’articule au corps communautaire. L’Assemblée (évêque, prêtre, diacre, fidèles) forme un seul corps sous la tête du Christ invisiblement présent. Nous célébrons « comme un seul homme », un seul peuple, l’Israël de Dieu. L’individualisme dans le gestuel montre que nous n’avons pas la conscience d’appartenir au Corps du Christ. Dans la tradition juive, les gestes sont rigoureusement harmonisés. Il faut apprendre aux enfants le gestuel dès le plus jeune âge ; c’est par le gestuel que s’éveille la conscience.

Justesse du geste

Le geste personnel est liturgique et rituel, symbolique, comme les gestes et les rites accomplis par les ministres du sanctuaire. Le gestuel des fidèles exprime également le ministère du Peuple. Il est organisé autour du signe de la croix. Par la métanie, on s’incline devant une personne pour lui montrer du respect et de l’amour (2 fois avant d’embrasser le bord de l’icône, 1 fois ensuite) ; par la grande métanie, on se jette aux pieds de Dieu pour l’adorer, le remercier et le supplier ; la petite métanie est une simple inclinaison du buste pour accompagner la prière et le signe de la Croix. On se met à genoux pour se faire petit devant Dieu ; on se prosterne, pour supplier et adorer. La position debout atteste la validité des actes et des paroles, notamment de la proclamation de la Résurrection ; elle est une attitude active et mobile. « La gloire de Dieu est l’Homme debout » (saint Irénée). Et nous sommes assis pour écouter le commentaire de la Parole et pour le repos ! L’assemblée, comme les anges, est continuellement en mouvement, elle est chorégraphique.

L’inspiration

Dans sa rigueur, la tradition gestuelle de l’Église est à redécouvrir. Elle n’exclut pas des formes de spontanéité sous l’inspiration divine ; les initiatives ne doivent pas nuire à la cohérence générale de l’ensemble ; elles peuvent toujours être vérifiées par les gestes indiqués sur les fresques et sur les icônes, par ceux des prêtres et des fidèles plus anciens. En fait, on dérive vite dès qu’on n’est plus vigilant. Et l’inflation gestuelle est également nuisible, parce que le sens s’émousse.

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