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N’y a-t-il pas un risque de faire dire au texte ce qu’il ne dit pas ?

Le danger de l’arbitraire

La question attire l’attention sur les dangers d’une interprétation arbitraire : c’est un vrai danger.

Beaucoup de déviations religieuses se sont produites dans l’Histoire à la suite d’interprétations erronées d’un texte pourtant vénérable.

Ce danger tient à deux raisons : d’une part, le fait qu’un texte comporte, dans son vocabulaire et dans ses tournures, une multiplicité de sens possibles, généralement en fonction du contexte ; d’autre part, la culture de l’interprète et la mentalité qui l’anime jouent un grand rôle dans la façon dont il comprend le texte – il peut même, dans certains cas, tirer le texte à soi pour l’utiliser à des fins strictement personnelles ou sectaires.

Les recommandations de l’Eglise

L’Eglise orthodoxe, connaissant ces dangers, et instruite par l’expérience séculaire des hérésies et des schismes, donne aux interprètes (théologiens, catéchètes, traducteurs) plusieurs conseils afin de rester fidèles à la parole de Dieu et à l’intention de celui qui s’est exprimé, c’est-à-dire le Seigneur lui-même.

Ces recommandations peuvent être présentées de la façon suivante :

– appartenir à l’Eglise orthodoxe par la confession de la vraie foi et par une pratique fidèle de la tradition des saints Pères. Cela implique la vie ascétique, la vie de prière, la connaissance des offices liturgiques dans leur déroulement et leur contenu.

– confesser régulièrement ses péchés, de façon à lutter contre l’illusion spirituelle, car c’est le Malin qui est à l’origine des déviations doctrinales, et c’est lui qui inspire la vanité d’interpréter un texte à sa guise.

– avoir une culture biblique et patristique vivante, par la lecture régulière et l’étude.

– toujours prier le saint Esprit avant de commencer à travailler ; lui demander de nous éclairer pour la juste compréhension de la Parole et de nous garder de toute souillure et de toute erreur. Deux prières servent d’exemple : la prière au saint Esprit Roi céleste, Consolateur* et la prière avant la lecture de l’Evangile*.

Poursuivre la lecture :

Bibliographie Jean Breck, La puissance de la Parole, une introduction à l’herméneutique orthodoxe, Le Cerf, Paris, 1996.