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L’Incarnation, union de la nature divine et de la nature humaine dans la Personne divine de Jésus Christ

La formule dogmatique –Christ iconostase Louveciennes

Les conciles œcuméniques ont saisi dans une formule concise l’exposé évangélique et vivant de la Personne divino-humaine du Christ.

Le premier concile œcuménique de Nicée et le IIème de Constantinople, recevant le symbole de foi baptismal de l’Église de Jérusalem, ont établi son texte de façon définitive en référence à Jésus Christ, sous la forme du Symbole de Nicée-Constantinople qui témoigne à son sujet d’une part qu’Il est le Fils de Dieu, l’Unique-Engendré, d’une seule nature avec le Père, engendré avant les siècles ; d’autre part, qu’Il s’est incarné du saint Esprit et de la Vierge Marie et s’est fait Homme.

Chalcédoine

Le IVème concile œcuménique développe ce témoignage au sujet du Christ, en déclarant que Jésus Christ est « un Seul et Même Dieu véritable et Homme véritable, doué d’une âme rationnelle et d’un corps, d’une seule nature avec le Père selon la divinité et d’une seule nature avec nous selon l’humanité ; en tout semblable à nous sauf le péché ; avant les siècles engendré du Père, selon la divinité, et dans les jours qui ont suivi, de la Vierge Marie, la Mère de Dieu, selon l’humanité ; connu en deux natures sans mélange, sans changement, sans partage, sans séparation, la différence des natures n’étant nullement abolie en raison de l’union, et conservant plutôt la propriété de chaque nature, et concourant en une seule personne et une seule hypostase ».

L’union hypostatique

En essence on confesse donc que le Fils de Dieu, antérieur aux siècles, s’est incarné et s’est fait homme de la Vierge Marie, la Mère de Dieu, et que par l’Incarnation s’est réalisée l’union hypostatique, ou union en une seule hypostase de la nature divine et de la nature humaine, c’est-à-dire une personne en deux natures, la Personne de Jésus Christ.

Existence atemporelle du Verbe

Mais il est à remarquer que dans la définition on confesse avec insistance que Jésus Christ a existé comme Fils de Dieu, donc comme hypostase ou personne divine, avant l’Incarnation. Car Jésus Christ, conçu et né selon l’humanité de la Vierge Marie, est un Seul et Même que l’hypostase divine engendrée du Père avant les siècles. La confession de foi ne dit pas que Jésus Christ en tant que Personne se soit constitué seulement par la conception de la Vierge Marie, par la rencontre de la nature divine et de la nature humaine, et qu’Il n’aurait pas une personne avant cela. Ce fait est mis en relief explicitement par Léonce de Byzance, théologien de l’époque justinienne, parmi d’autres, pour disperser également les doutes des préchalcédoniens, qui refusaient la définition de Chalcédoine en se figurant que, par l’affirmation selon laquelle « les deux natures concourent en une personne et une hypostase », n’était pas rendue suffisamment l’unité de Jésus Christ en tant que personne.

« Enhypostasier »

Léonce de Byzance a utilisé, pour exprimer le fait que Jésus Christ est le Même en tant que Personne que le Fils de Dieu antérieur à l’Incarnation, le terme « enhypostasier ». L’Hypostase du Verbe divin ne s’est pas unie à une autre hypostase humaine, mais Elle a formé par l’Incarnation un être humain, assumé et intégré dans son Hypostase éternelle, et par cela Elle s’est fait également l’Hypostase de la nature humaine.

(P. Dumitru Stàniloae, Dogmatique II)