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L’Entrée de la Vierge Marie au Temple : (21 novembre)

Il s’agit d’un événement biblique et historique –Présentation de la Mère de Dieu au Temple

Lorsque Marie eut 3 ans, ses parents Joachim et Anne vinrent au Temple de Jérusalem pour « l’offrir à Dieu », conformément à la promesse faite  par  Anne lorsqu’un ange lui apparut pour lui annoncer que sa prière avait été exaucée, et qu’elle allait  être enceinte. Mais il ne s’agit pas d’une offrande formelle, symbolique, comme c’était le cas lorsque qu’un couple juif venait « présenter » au Temple – c’est-à-dire à Dieu – le premier-né  de ses  enfants mâles : ils le  rachetaient alors en donnant une somme d’argent, puis ils rentraient chez eux  avec l’enfant. Ici, il s’agit d’une offrande réelle : le grand-prêtre reçut Marie, qui demeura dans le Temple jusque vers 12 ans. Elle demeurait dans le Temple à prier et à lire l’Écriture, et elle était « nourrie par la main d’un ange »1.

Notre unique source

est un apocryphe, le Proto-évangile de Jacques (avec son remaniement latin tardif appelé « Pseudo-Matthieu »), corroboré au 2ème siècle par Clément d’Alexandrie et saint Justin le Philosophe.

C’est un événement capital pour l’histoire du salut :

pour que le Fils unique de Dieu pût s’incarner, il fallait qu’une femme fût apte et prête. Cette femme fut préparée et « tissée » par des générations de justes en Israël, depuis Abraham jusqu’à Joachim et Anne. Joachim et Anne offrirent à Dieu ce qu’ils avaient de plus précieux,  leur fille Marie, obtenue miraculeusement par la prière et l’ascèse. Et Marie s’offrit elle-même librement à Dieu « sans se  retourner en arrière »2. C’est grâce à ces justes (Abraham qui offrit son fils unique Isaac,  Joachim et Anne qui offrirent leur fille unique Marie, et Marie qui s’offrit elle-même), que le Père céleste offrit son Fils unique.

L’origine liturgique de cette fête

est semblable à celle de beaucoup de fêtes « mineures » : elle est l’anniversaire de la dédicace de l’église Sainte-Marie-la-Neuve à Jérusalem le 21 novembre 543, sous l’empereur Justinien.  On la trouve souvent dans les livres liturgiques sous le nom de « Présentation de la Vierge » : c’est une erreur totale³, car, dans l’Ancien Testament,  la « présentation » ne concernait que les enfants mâles, et les premiers-nés des mâles. De plus, les parents reprenaient l’enfant après avoir donné au Temple « 5 sicles d’argent » (Ex 11 à 13 ; Ex 34/19 ; Nb 18/15-19 ; et Lév 12). On trouve cette erreur dans de nombreux livres et calendriers  liturgiques, à toutes les époques, tant en Orient qu’en Occident.

Père Noël Tanazacq (paroisse Sainte-Geneviève-et-saint-Martin, Paris)

 

(1) Pour l’enfance et la jeunesse de Marie (jusque vers 16 ans), on peut se reporter à mon article sur « Le doute de Joseph » in Apostolia n°81 de décembre 2004, notamment en p. 10, ainsi que les notes 6 et 7.

(2) Le nom même de « Marie » est le signe de ce qu’elle est : c’est le décalque araméen d’une  expression égyptienne qui signifie « l’Amante de la Lumière », que l’on pourrait traduire par « l’amoureuse de Dieu ».

(3) Les Roumains emploient l’expression juste : Întrarea a Maicii Domnului…