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La résurrection du fils de la veuve de Naïm ( Luc 7, 11-16 ) : comment l’interpréter?

Une histoire vraie

Le Dieu-Homme parcourt avec ses disciples la Galilée, où Naïm est proche de Nazareth, du Thabor, de Cana. Le miracle date du début de la prédication de Jésus, (du vivant de Jean-Baptiste: 7, 18), et succède à d’autres signes historiques (le prophète Elie : 1R 17, 23). Luc décrit le convoi suivant l’usage gréco-romain (cercueil) ; chez nos pères juifs, le défunt reposait sur une civière – légère entorse à l’histoire… C’est un mort de trois jours : selon notre Tradition, on n’inhume pas auparavant.

Lecture théologiqe

Naïm, pluriel emphatique, exprime la joie. La ville est le monde, ou l’Israël- Eglise – rempli de la joie de la résurrection du Christ qui vient relever l’être humain de la mort. Le nom de Seigneur, donné fréquemment par Luc au Christ, marque sa royauté mystérieuse et sa divinité. Le Fils qui, avec le Père et l’Esprit, créa le ciel et la terre, et l’être humain lui-même, manifeste sa puissance : sa personne divine accomplit humainement ce qui est divin, montrant ainsi ses deux natures. Au sens eschatologique, Il « vient… avec gloire juger les vivants et les morts » (Symbole) ; Il les ressuscite auparavant.

L’allégorie

La veuve est l’humanité, ou Israël, ou l’Eglise elle-même; son fils signifie les oeuvres mortes (stérilité, manque d’inspiration, inintelligence à la Parole) et meurtrières (passions). Ou encore, c’est notre vie personnelle, le peu de prière, les péchés innombrables, surtout le manque de repentir: devant la mort spirituelle, on abdique comme si elle était fatale. Il est deux morts: la corporelle et la spirituelle. De la deuxième, le Verbe incarné sauve par sa parole, sa présence, son contact (les sacrements), surtout par son amour compatissant (ses entrailles humaines „se serrent”): Dieu est aussi humain qu’on peut l’être, et c’est un grand espoir. Moi aussi, je peux ressusciter à la vie éternelle, la vie dans le Christ; moi aussi, je peux être sauvé, si je laisse Jésus s’approcher de moi pour montrer sa „tendresse” (de „toucher”).

Responsabilité pour le monde

La société civile pourrait être abandonnée à elle-même, à sa folie, à son choix de faire comme si Dieu n’existait pas – colère divine: “Fais comme si Je n’existais pas!” Le Seigneur n’agit pas ainsi. Il envoie les membres de son propre corps – son peuple Israël – agir, non seulement en son Nom, mais en sa propre puissance. Car Dieu fait Homme oeuvre par son corps humain divinisé. Dans la Cité, les chrétiens s’approchent du prochain en porteurs du Christ – “christophores” –, véhicules et instruments de sa sagesse et de son amour créateur.