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La fête juive de Simh’at Tora : 25-26 septembre 2013, par le rabbin Dalsace

« Joie de la Tora »

Simh’at Tora, « la joie de la Tora » est la fête la plus joyeuse du judaïsme avec Pourim. Si à Pourim, la joie exprime quelque chose d’ironique, une sorte de moquerie face à l’insoluble question du mal, à Simh’at Tora la joie est pure, gratuite, totalement consacrée au joyau du judaïsme : la Tora.

Cette joie s’exprime en organisant sept processions dansantes (Akafot) dans la synagogue en se passant les rouleaux de la Tora de main en main, accompagnées de chants populaires. Ces processions ont lieu le soir et le matin. Le matin, on termine la lecture du rouleau de la Tora et on en commence une autre. Il faut donc avoir deux rouleaux : dans le premier on lit les bénédictions prononcées par Moïse devant le peuple d’Israël « zot habrakha » suivi du récit de sa mort qui vient clore le Pentateuque.

Les rouleaux

Dans le deuxième rouleau, on dit le récit de la création du monde. Normalement, chaque individu doit monter à la Tora ce jour-là et ont fait même monter les jeunes enfants en groupe, comme pour dire : la Tora appartient à tous les Juifs.

Dans le mouvement Massorti, c’est pour cette fête que les femmes ont réclamé de lire dans la Tora. Peu à peu, cette lecture s’est étendue à toute l’année (on assiste au même phénomène, des décennies plus tard, dans l’aile gauche du mouvement orthodoxe avec exactement les mêmes arguments).

Dans certaines communautés, on lit même le soir de Simh’at Tora, chose exceptionnelle puisque la Tora n’est jamais lue la nuit de façon solennelle.

Dans les petites communautés où il n’y a pas deux rouleaux de la Tora, on est obligé de rouler en arrière, de la fin jusqu’au début, le même rouleau. C’est un magnifique spectacle que de voir défiler tout ce texte qui a été lu tout au long de l’année de shabbat en shabbat.

Dans les grandes communautés, où il existe parfois de nombreux rouleaux de la Tora, non seulement ils sont tous sortis pour la procession (Akafot), mais on installe aussi différentes tables de lecture et on lit dans tous les rouleaux en même temps en ayant réparti le public nombreux en petits groupes. Le but est bien évidemment de gagner du temps, mais c’est également un très beau spectacle.

La « fiancée »

La dernière montée à la Tora (Alya) est considérée comme particulièrement honorifique, on chante alors une hymne en l’honneur de celui qui a été surnommé « fiancé et de la Tora » (Hatan Tora) et le suivant, celui qui entamera le nouveau rouleau, ce qui est également un grand honneur, est nommé : « fiancé du commencement » (Hatan Bereshit). La fiancée est bien évidemment la Tora elle-même.

Cet enchaînement marque le fait que la Tora ne se termine jamais, que sa lecture est infinie… De plus, la dernière lettre de la Tora est le lamed (d’Israël) et la première est bet (de bereshit), ensemble cela forme le mot : lev, « le cœur »…

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