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Jésus Christ, notre but ultime

L’homme parfait –Baptème du Christ

« En Christ nous a été ouverte la voie vers l’enjeu de la pleine humanisation et Il est la voie vers cela, car Il est la voie vers la communion avec Dieu en tant que communauté de personnes que nous ne pouvons pas réduire à l’état d’objets, et, par cela, la voie vers la communion plénière avec nos semblables. Par son incarnation en tant qu’Homme, le Christ nous a rendue accessible, dans la forme humaine culminante, la communion avec lui-même comme Dieu, pour mieux dire : avec l’entière Trinité. Seul Jésus Christ nous a donné le pouvoir de sortir pleinement de l’égoïsme du péché, de l’emprisonnement dans les limites naturelles en tant que processus systématique de composition et de décomposition, ou de la corruptibilité qui se termine avec la mort.

Le sens de l’univers

Mais en Jésus-Homme, qui se trouve au terme ultime de l’humain, l’univers lui-même s’est découvert son sens intégral et son projet : la transparence à Dieu. Le Christ est la « lumière du monde » (lumina lumii, jeu de mots intraduisible, n.t.), lumière qui illumine le monde, lumière dans laquelle s’illumine le monde. Chacun d’entre nous est d’une certaine façon une lumière du monde. Mais cette qualité est également une mission, que nous ne pouvons pas accomplir par nous-mêmes de façon complète. Nous la voyons accomplie dans le Christ et, par le Christ, nous nous voyons participer nous aussi à cet accomplissement ; le Christ est l’accomplissement de l’être réel de l’Homme – couronne de la création – parce qu’en lui l’Homme est pleinement uni avec Dieu. C’est ainsi que le Christ est tellement « historique », tellement non construit, et que, de ce point de vue, Il est l’image la plus humaine de l’Homme, et, en même temps, au-delà du niveau auquel peut atteindre notre être par ses propres capacités. Pour cette raison, le Christ, être humain tellement réel, est, en son accomplissement comme Homme, également Dieu.

L’homme uni à Dieu

Plus précisément, le Christ est l’Homme accompli, parce qu’Il est uni avec le modèle de l’Homme, avec le Logos divin. Mais en Jésus Christ, en tant que Logos incarné et ressuscité, et en ceux qui sont unis avec lui, le monde atteindra également sa perfection ou son but. Le Christ est l’Homme du sommet en lequel s’accomplit la Création, dans la mesure où Il est dans une communion plénière avec Dieu. « La référence à la Création… montre l’Homme comme couronne et accomplissement de la Création. Dans l’œuvre des cinq premiers jours, la parole de Dieu se manifeste comme simple commandement… L’Homme est appelé à l’existence et intronisé dans la Création par une mission qui lui est confiée. Dès cet acte, la Création est parfaite (Gn 2, 1). Elle se présente comme un ordre organisé en degrés, orienté vers l’Homme, et qui atteint son accomplissement suprême en l’Homme. Seul l’Homme est mis en relation avec Dieu sans autres degrés intermédiaires » ([1]). Par l’Homme Dieu unit le monde avec lui-même. Par sa nature humaine le Christ rassemble le monde en lui-même de façon plénière. En tant qu’être humain uni à Dieu de façon culminante, ou en tant que Dieu agissant par l’Homme, le Christ guérit les malades, commande à la mer et aux vents, ressuscite les morts et ressuscite Lui-même pour la vie éternelle, montrant l’état final du monde. C’est un autre sens dans lequel lui a été donné après la Résurrection « tout pouvoir au ciel et sur la terre » (Matt 28, 18). Dans la mesure où, avant même la Résurrection, Il est l’accomplissement de l’Homme réel, Il conduit celui-ci par la Résurrection au terme qui lui est promis. »

(P. Dumitru Stàniloae, Dogmatique II)

[1] W. Beinert, Christus und der Kosmos, p. 17.