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Fruits et dons de l’Esprit saint

Ils sont nombreux

« … dans les épîtres des Apôtres… nous voyons tout ce qu’apporte le saint Esprit à la vie intérieure de chaque homme ; c’est là que sont dénombrés ses dons et ses fruits spirituels. Ces fruits sont : bonté, justice et vérité (Éph. 5, 9) et encore : « amour, joie, paix, longanimité, bonté, miséricorde, foi, douceur, maîtrise de soi » (Gal. 5, 22-23). Cela signifie que ceux qui ont reçu la plénitude du saint Esprit n’ont plus besoin d’être guidés par des règles extérieures puisque c’est Lui qui leur enseigne toute vérité et toute justice. Des fruits de l’Esprit saint il faut distinguer les dons qui ne sont pas seulement de bonnes dispositions du cœur, mais les différentes activités de l’homme pour le bien du prochain et de l’Église.

Saint Paul

L’apôtre Paul (1 Co. 12) dit : « Les dons sont divers, mais c’est toujours le même et unique Esprit qui opère toute cela… » « A l’un, c’est une parole de sagesse qui est donnée par l’Esprit ; à tel autre, une parole de science, selon le même Esprit, à un autre la foi… à tel autre, le don de guérir… à tel autre le don d’opérer des miracles ; à tel autre, la prophétie, à tel autre le discernement des esprits, à tel autre la diversité des langues, à tel autre le don de les interpréter ». La combinaison harmonieuse des dons des uns avec les dons des autres fait de l’Église un organisme vivant : le Corps du Christ. La fonction hiérarchique dans l’Église est également un don du saint Esprit. Mais tous les dons ne sont que des moyens pour acquérir l’amour, don par excellence, à la fois don et fruit de l’Esprit ; de l’amour, l’apôtre Paul nous dit que rien ne peut lui être comparé : « Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas l’amour, la charité, cela ne me sert à rien » (1 Co. 13).

Saint Séraphin

À la suite de Paul, c’est là ce qu’ont enseigné tous les docteurs de l’Église. Au début du 19ème siècle, celui qui fut peut-être le plus grand parmi les saints russes, saint Séraphin de Sarov, affirma lui aussi que le but même de la vie chrétienne est d’acquérir le saint Esprit et que toutes les œuvres, les peines, les exploits des ascètes, jeûnes et prières, ne sont que moyens par rapport à ce but.

C’est en exposant cette doctrine à son disciple, N. Motovilov, que le bienheureux Séraphin fut transfiguré : son visage se mit à rayonner comme le soleil ; ensuite, par sa prière, il donna à son disciple la possibilité de vivre par lui-même toute la plénitude extraordinaire et la force des dons de grâce de l’Esprit saint : paix, sérénité, joie, douceur et chaleur intérieure, suavité, lumière, tous ces dons dépassant tout ce que l’on peut imaginer. Ces dons du saint Esprit sont incréés : ce sont des « énergies » divines, des aspects de la vie divine qui nous vient du Père, par le Fils, dans le saint Esprit et à laquelle nous participons en portant les fruits de l’Esprit.

C’est l’Église qui est la gardienne des dons de l’Esprit saint ». (Monseigneur Alexandre Semenoff-Tian-Chansky, Catéchisme orthodoxe, YMCA-PRESS, Paris, 1999, p. 42)