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Couples « mixtes » et grand Carême…

Les deux carêmes ?

Orthodoxe pratiquante, votre mari est Catholique pratiquant : suivre la tradition du Carême n’est pas si facile, dans ces conditions. Mettre bout à bout les deux carêmes donnerait une période allant du 20 février au 5 mai, cela fait beaucoup ! Il nous faut donc chercher une attitude sage, pour le bien de votre couple, car l’Église ne divise pas. Si elle a accepté de vous couronner, elle doit assumer ce choix pastoral. Que chacun d’entre vous soumette cette question délicate à son père spirituel respectif, car il n’y a ni deux couples ni deux personnes identiques. Celui-ci vous conseillera comment vivre cette période, qui, pour nous, commence véritablement le dimanche du Pardon (17 mars 2013), pour votre bien et votre bonheur en Dieu.

Un peu de sagesse…

Un foyer de deux confessions peut se mettre d’accord sur un programme et s’y tenir : par exemple un peu de prière commune serait bien! Vous pouvez également, tous les deux, lire ensemble, tous les jours, à tour de rôle, l’Évangile ou quelques pages spirituelles. Vous pouvez pratiquer l’aumône ou l’hospitalité d’un commun accord, rendre visite à des personnes isolées, etc. En ce qui concerne l’abstinence et le jeûne alimentaires, laisser votre mari faire le carême pour commencer le nôtre ensuite, ne paraît pas juste : le fondement du couple, avec tout ce qu’il peut avoir en commun selon la foi, est dans la prière et l’ascèse communes, dans la prière l’un pour l’autre et, surtout, le pardon mutuel : « pardonne-moi et prie pour moi ! ».

Nous pouvons également assister aux offices l’un de l’autre, nous intéresser à ce que vit notre conjoint, et nous réjouir pour tout ce qui se fait de bon et de beau dans son Église. Faites donc un peu avec votre mari, selon ce qu’il souhaite faire, en anticipant …; et qu’il fasse ensuite de même avec vous, selon ce que vous souhaiterez faire, en prolongeant, suivant la bénédiction de vos prêtres. Il est important d’être bien d’accord tous les deux, pour préserver et entretenir dans votre foyer l’amour qui vient de Dieu, cet amour sans rides où vos enfants seront heureux. On ne relativise rien, et on se montre bienveillant, respectueux et sage.

L’abstinence conjugale

Délicate, quoique cruciale à notre époque de sexualité sauvage, son but est l’évangélisation et la transfiguration de la sexualité. Pour des époux tous les deux orthodoxes, cela demande déjà du discernement et la prière de notre prêtre : chacun a un rythme spirituel propre, une maturité affective et des désirs différents. Pour s’affranchir des habitudes et, quelquefois, d’un certain « consumérisme sexuel », l’abstinence doit toutefois être adaptée à la force des personnes.

Dans le cas d’un foyer « mixte », la précaution doit être encore plus grande. Peut-être serait-il avisé de n’en parler que pour la période du Carême orthodoxe. Voyez avec votre mari si vous voulez vous abstenir un peu de relations conjugales, entre mars et mai, d’un commun accord, sans insister du tout, et avec le conseil de vos prêtres : ils prieront pour que cette ascèse renouvelle chez vous la grâce de l’amour conjugal ; ils seront prêts à modifier ce régime dans le cas où un effort trop grand nuirait à la paix du ménage…

Si vous souhaitez concevoir, le mieux serait d’en demander à Dieu la grâce tout en vous abstenant avec mesure, et de reprendre des relations renouvelées, après Pâques, dans de bonnes conditions corporelles et spirituelles. Nous disons cela comme une suggestion… parce que ce jeûne est une bonne préparation à recevoir de Dieu la grâce d’accomplir son commandement de fécondité, laquelle n’est pas dissociée de l’union des époux. En tout cela, interrogez votre prêtre régulièrement, il est là pour vous aider à faire ce qui est agréable à Dieu et épanouissant pour vous.