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Comment les catholiques romains sont-ils reçus dans l’Eglise orthodoxe?

La question de la réception de chrétiens de diverses confessions dans la communion orthodoxe est délicate. Elle dépend de l’évêque du diocèse où la personne se dirige; cela peut varier suivant les pays et suivant l’Eglise souveraine à laquelle appartient ce diocèse.

La tradition rigoureuse

Selon l’ “acribie”, c’est-à-dire la rigueur, une personne qui a été baptisée dans une communauté chrétienne séparée de la communion orthodoxe n’est pas considérée comme baptisée, puisqu’il n’y a pas de baptême en dehors de l’Eglise. Suivant ce point de vue, qui est partagé par beaucoup d’Églises souveraines, un catholique-romain qui souhaite entrer dans l’Eglise orthodoxe sera reçu par le saint baptême. C’est ce qui se passe par exemple à la sainte Montagne. Les Pères anciens, ainsi saint Basile, étaient très stricts sur cette question. Ils n’ont jamais pensé que les différentes formes de christianisme pouvaient être considérées comme complémentaires.

La pratique fréquente

Selon l’ “économie”, c’est-à-dire la considération des personnes, de leur chemin, de leur foi, un catholique sera reçu par la confession de la vraie foi, par l’absolution des péchés, et par l’onction du saint Chrême, c’est-à-dire la “chrismation”. C’était la pratique de l’Eglise ancienne pour les chrétiens qui avait quitté l’Eglise, notamment à l’occasion de persécutions, et qui voulaient y revenir. C’est actuellement la pratique de beaucoup d’Églises souveraines, comme le Patriarcat roumain, ainsi que de la plupart des diocèses orthodoxes qui se trouvent en Europe occidentale ou aux États-Unis. Par cette mesure, on prend en considération tout ce que la personne connait déjà de chrétien, par sa foi, par son mode de vie, etc. En tout cas, cela revient à un renouvellement du saint baptême, celui-ci étant reconnu. Mais cette façon de faire, guidée par un souci pastoral et par le respect de tout ce qui se fait de bon et d’authentique dans un milieu qui n’a pas voulu être hors de l’Orthodoxie, ne constitue pas une norme.

Autres pratiques

Il existe d’autres façons de procéder, par exemple la réception d’un catholique-romain simplement par la confession de ses péchés et par la communion eucharistique. Notre opinion est qu’il est indispensable que la personne confesse la foi de l’Eglise parce que c’est avant tout par la foi qu’on est membre du Corps du Christ. Il serait grave de laisser s’introduire une forme de relativisme dogmatique.