Imprimer cet article Imprimer cet article

Assister à la célébration sans communier ?

Le sacrement de la communion –

Assister à la divine Liturgie sans communier est, au premier degré, un non-sens. Pourquoi? Cette célébration est précisément celle de la communion eucharistique, de la fête nuptiale et du banquet eschatologique (celui de la fin des temps..). Elle est foncièrement une concélébration: tous les baptisés sont membres du sacerdoce du Seigneur Jésus Christ et leur présence est indispensable pour que la célébration ait lieu, le Christ comme Tête n’officiant pas sans son Corps! La présence d’une personne qui ne communie pas est celle d’une personne qui ne célèbre pas et qui ne participe pas à la consécration des saints Dons sous la présidence de l’Évêque ou du Prêtre et en présence invisible du Sauveur seul Pontife suprême.

Catéchumènes et pénitents

Pour cette raison, normalement, la présence de personnes qui ne sont pas membres de l’Église ou qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent pas participer à la sainte communion, n’a pas de sens particulier. Les catéchumènes, parce qu’ils ne sont pas baptisés, n’ont pas encore confessé la vraie foi et n’ont pas reçu en plénitude la grâce du saint Esprit, participent à la première partie de l’office, appelé justement “liturgie des catéchumènes”. Ils sont invités à quitter l’église avant la liturgie des fidèles puisqu’ils ne peuvent y participer: s’ils restaient, ils seraient de simples spectateurs. Il en est de même pour ceux qu’on appelle les “pénitents”, des personnes qui, pour des péchés graves, suivent une période de réconciliation avec le Christ et l’Église, suivant la tradition très ancienne.

Le réalisme sacramentel

Toute personne qui ne communie pas pourrait, d’ailleurs, se retirer au même moment, par cohérence avec l’action liturgique et sacramentelle. La question est, bien sûr: est-ce qu’il se passe vraiment un évènement charismatique étonnant ou bien est-ce que ce sont de pures formes symboliques au sens faible du mot ? Les églises anciennes comportaient un narthex ou même un exonarthex, dans lequel se tenaient, pour la première partie de la sainte Liturgie, les catéchumènes, les pénitents et ceux qu’on appelait les “énergumènes” (!), des personnes qui venaient être exorcisées.

Diverses formes de communion

Ceci étant précisé, la présence à la sainte Liturgie sans participation à la sainte communion, comme cela se passe dans beaucoup d’endroits, peut correspondre à divers modes de communion, comme le rappelait Père Cléopas. On communie à la Parole, aux paroles divines que sont les versets des psaumes, aux paroles des saints Pères qui ponctuent tous les offices, à la présence des anges et des saints. On communie en fait par la foi. Seule l’incroyance avérée exclut de fait quelqu’un de l’assemblée eucharistique. Par la foi en Jésus Christ, le Fils de Dieu, fait homme et ressuscité; par la foi dans le Père et dans l’Esprit; par la foi dans la présence des saints et particulièrement de la Mère de Dieu; par les saintes icônes et tous les modes d’expression de la foi auquel adhèrent celui et celle qui croient, il existe une réelle forme de communion. Certes, ce n’est pas la plénitude de la communion : c’est un degré plus ou moins élevé dans cette participation. Cette précision explique que beaucoup de personnes – amis, parents, visiteurs – assistent à la divine Liturgie sans y participer effectivement et s’en retournent bénies et gratifiées par le saint Esprit selon la sincérité de leur foi.

(a.p. M.-A)  25/07/21