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Tu as une âme

Qu’est-ce que l’âme ? –

Tu as, tu es une âme. L’âme n’est pas une partie de l’homme. Elle est la profondeur de l’homme, l’homme intérieur, l’homme caché que le Seigneur aime. « J’aime ton âme », disait quelqu’un à une femme. Aimer l’âme d’autrui est notre vocation. Nous avons la capacité d’aimer l’en-deçà d’autrui, son intériorité, l’au-delà d’elle ou de lui : j’aime ton au-delà, l’au-delà de toi, comme un horizon intérieur, cette personne en creux, énigmatique et fascinante. L’âme n’est pourtant pas la personne. Elle en est l’émergence. Il y a quelqu’un derrière cette âme que j’aime, un « tu ».

La porte de l’âme

Les yeux sont la porte de l’âme. Le masque des musulmanes, comme celui qui filtre les impuretés, révèle le regard. Toute la personne voilée se concentre dans un éclair d’esprit, regard de lumière ou de ténèbres, étincelle qui sourit ou qui pleure, lumière de l’intelligence, charme sans nom, complicité, compassion et beauté. En temps de peste ou de choléra, les yeux jaillissent du masque pour crier la vie de l’âme. J’aime ton âme par la porte de tes yeux. Je te cherche et te trouve des yeux. Investissons dans le regard pour aimer l’âme d’autrui…

Les âmes noires

Toutes ne sont pas lumineuses; il est des âmes noires; il y a des âmes en demi-teintes… L’amour que l’Esprit saint nous inspire pour l’âme d’autrui se module suivant ce que nous croyons savoir ou percevoir d’elle. L’âme de certains criminels en activité sur la planète n’est pas la plus facile à aimer, bien sûr. Mais le Christ nous a appris l’amour de compassion. Il a donné sa vie pour Barabbas, un assassin. Les saints peuvent aimer l’âme de tel ou tel dictateur de ce monde, et leur amour est plein de larmes, parce qu’ils aiment son âme en percevant le désastre dans lequel ce potentat se trouve et à quel enfer il s’est lui-même peut-être promis. Les victimes chrétiennes aiment l’âme de leur bourreau avec l’espoir immense qu’il puisse être sauvé, malgré tout, si Dieu trouve, dans cette âme dont il sait tout, une miette d’humanité restante, une miette d’amour. Dans l’amour pour l’âme d’autrui, les saints cherchent ce qui peut être sauvé chez les personnes les plus déshumanisées par leurs propres crimes.

Ce qui menace l’âme

En ce temps d’épidémie, rien ne menace notre âme que les pensées morbides et les passions qu’elles engendrent. Le Christ le dit : aucune puissance de ce monde ne peut tuer l’âme ; « redoutez, non ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; redoutez plutôt celui qui peut faire périr âme et corps dans la géhenne » (Matt 10, 28). Saint Paul le dit également : ne nous trompons pas de combat (Eph 10). Ne perdons pas notre temps… Les adversaires de l’âme ne sont pas les grandes puissances économiques, médiatiques et politiques ; ces adversaires sont les puissances incorporelles à l’instigation desquelles se fait en ce monde toute oeuvre maligne ; ceux à qui manque la connaissance et le discernement de ces esprits sont leur jouet. L’arme première du Prince de ce monde est la peur, née de l’illusion de son pouvoir ; ensuite viennent le doute, la suspicion, le procès d’intention, le jugement d’autrui, tout ce qui divise – et finalement la soumission mentale aux puissances déchues par le désespoir de ce monde.

Ce qui vivifie l’âme

Selon les saints ascètes, la première arme est le repentir. Il consiste à déraciner de soi par la haine du mal toute racine du mal qui se voit autour de nous. Les saints font pénitence pour le monde. Ils gagnent l’innocence et l’impeccabilité et deviennent invulnérables ; de plus, ils convertissent le monde à l’intérieur d’eux-mêmes. Si l’âme est l’homme intérieur, l’intérieur de chaque homme, elle est également l’intérieur de l’humanité, l’humanité intérieure. Chaque âme souffre de la souffrance du monde ; et chacune, en se purifiant par le repentir purifie les miasmes de ce monde. Le repentir guérit.

Autre remède : la louange ! Elle est un acte de foi constant dans la présence du Seigneur au milieu des circonstances de la vie, « aux enfers avec ton âme comme Dieu », dit la prière. L’âme humaine et déifiée du Christ présent porte toute la souffrance des hommes et la transfigure en joie.

Autre remède ? – Nous aimer les uns les autres ! D’une âme à l’autre répandre l’amour du Christ ; enlacer nos âmes dans la tendresse du Sauveur et de ses saints ; pratiquer comme un câlin des âmes, en ce temps où notre tendresse est à distance. Et en famille, prenons-nous dans les bras, pour sentir corporellement présent le Corps du Christ.

Et ce Corps et ce Sang vivifiants, communions-y ! Notre âme, ce corps intérieur au corps, en attend la santé et la vie. La participation à l’Eucharistie est le remède suprême à toute conspiration diabolique ou humaine : aimons Dieu de toute notre âme ! En communiant à l’humanité divinisée du Christ, nous participons à l’humanité telle qu’elle est pour l’éternité, telle qu’elle est glorifiée à la droite du Père ! Un monde où quatre-vingt-dix pour cent des hommes ne communient jamais ne peut pas aller bien…


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