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In memoriam archevêque Gabriel de Comane

Il repose

Monseigneur Gabriel, évêque de l’Archevêché de tradition russe d’Europe occidentale, et exarque du Patriarcat œcuménique, est entré dans son repos, samedi 26 octobre, à Maastricht (Pays-Bas), à l’âge de 67, après une longue maladie. Il dirigea ce diocèse, dont le siège est à Paris et qui jouit d’un statut d’autonomie interne dans le cadre du Patriarcat œcuménique, de mai 2003 à janvier 2013, date à laquelle, il exprima, dans une belle lettre, la volonté de se retirer, pour des raisons de santé.

Membre de l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France (AEOF), il fut également recteur de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, à Paris, et recteur de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, qui dépend de l’Archevêché. Ses funérailles ont eu lieu samedi 2 novembre en la même cathédrale. L’Archevêque a été enseveli au cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois, à côté de ses prédécesseurs, les archevêques Serge et Georges.

Le pasteur

Monseigneur Gabriel, d’origine flamande, fut un prêtre très actif, proche des fidèles, notamment des plus jeunes. Au sein de la Fraternité orthodoxe en Europe occidentale, il était une personnalité spirituelle pleine de bonté et d’humanité. Il était généralement disponible pour les conversations qu’il conduisait dans un esprit d’amitié, vous fixant de ses yeux bleus pleins de sympathie. Il était au fond un homme simple, doué du sens des réalités, conscient à la fois de la richesse de l’héritage russe et de l’attente des Occidentaux. Son élection au poste d’archevêque traduisait l’espoir des fidèles et des prêtres de voir s’enraciner de plus en plus l’Orthodoxie dans le contexte de l’Europe occidentale et de la France tout en préservant une identité particulière : celle des Russes ayant choisi depuis le début de ce siècle la vie et la citoyenneté françaises, et croyant de tout leur cœur à la possibilité de transmettre l’héritage slave dans les pays nouveaux. Cette identité, et ce sens d’une mission particulière, avait été particulièrement magnifié par le métropolite Euloge, le père spirituel de ce diocèse dans un contexte difficile pour l’émigration russe.

Le témoin

Dans les relations avec les diverses communautés chrétiennes, l’Archevêque était très apprécié, en raison de sa bienveillance. Il manifestait un grand sérieux en ce qui concerne la foi et la tradition ancestrales et se montrait simultanément capable de dialogue, sachant écouter le point de vue d’autrui et y apportant avec patience, et avec le sourire, les corrections auxquelles un Orthodoxe tient. Beaucoup de nos amis catholiques et protestants aimeront certainement manifester leur affection et leur respect pour Monseigneur Gabriel à l’occasion de son départ.

L’homme

Nous rendons hommage ici à Monseigneur Gabriel, à son sourire, à son courage au poste souvent lourd qu’il avait accepté dans un esprit de sacrifice, à la dignité qu’il montra dans sa longue et cruelle maladie. Nous nous rappelons avec gratitude son enseignement toujours intéressant, ancré dans la théologie orthodoxe, plein de conscience pastorale. Il parlait de façon vivante, avec un vrai talent spirituel. Du reste, servir dans le sanctuaire avec sa bénédiction était un vrai bonheur, car il manifestait sa responsabilité épiscopale avec amabilité à l’égard de tous ceux qui officiaient près de lui. L’office orthodoxe pour un prêtre ou un évêque a cette prière mystérieuse : « de même que sur terre Tu as établi ton serviteur pour le service de ton Église, juge-le digne également, Seigneur, de servir à ton autel dans les cieux… » (2ème prière).